Je sais préparer une sortie jusque dans ses détails inutiles. Un carnet, des crayons, un petit jeu d’observation. Puis Noé s’arrête devant une flaque et Inès veut savoir quand on mange. Il y a, entre mon sac et leurs envies, tout un programme que personne ne m’avait demandé.

Dans notre famille de papier, Noé a deux ans, Inès cinq. Pour aller au Jardin des plantes de Nantes, je voudrais essayer une préparation plus légère : une arrivée simple, un peu de marche et la possibilité de s’asseoir. Le carnet peut venir. Il n’aura pas d’obligation de résultat.

Choisir l’entrée avant de choisir les activités

La page municipale des parcs et jardins nantais situe le Jardin des plantes rue Stanislas-Baudry et invite à vérifier les horaires avant de se déplacer. C’est mon point de départ. Je regarde l’ouverture du jour, les éventuelles restrictions et le trajet adapté à notre départ.

Je ne confonds pas l’accès au jardin et celui aux serres ou à une animation. Une poussette passe quelque part sans que toutes les visites lui soient accessibles. Si je souhaite une activité précise, je vérifie séparément ses conditions. Pour cette fois, je ne promets rien qui exige une réservation.

J’emporte de l’eau, de quoi manger assis, une tenue de rechange et un petit sac pour les vêtements humides. Mon propre goûter fait aussi partie du groupe. Je suis parfois capable d’oublier que la troisième personne affamée, c’est moi.

Une seule consigne de promenade

À Inès, je propose de choisir une forme qu’elle aime : une grande feuille, une branche tordue, une ombre. Elle peut la montrer, la décrire ou la dessiner plus tard. Noé peut s’intéresser à autre chose. Je ne transforme pas sa promenade en version simplifiée du travail de sa sœur.

Nous restons sur les chemins autorisés et respectons les plantations. Regarder n’oblige pas à cueillir. Je garde les petits près de moi à proximité de l’eau et ne cherche pas une photo pendant qu’ils s’approchent d’un bord. Une sortie douce peut avoir des limites très précises.

S’il pleut légèrement et que nous sommes équipés, nous pouvons raccourcir. Si le temps ou les conditions rendent la sortie pénible ou dangereuse, nous reportons. Nantes n’a pas besoin que je prouve mon attachement aux bottes en toutes circonstances.

La pause appartient à la sortie

Je prévois un moment où personne n’a à avancer. Peut-être cinq minutes. Peut-être davantage si les enfants observent quelque chose. Ce ne sont pas des minutes perdues entre deux activités. Ce sont précisément celles que j’aurais tendance à remplir trop vite.

Quand Inès réclame encore un endroit et que Noé fatigue, je reconnais sa déception sans ajouter une récompense pour la faire disparaître. Nous pouvons garder une envie pour une prochaine visite. Je compte aussi l’énergie nécessaire au retour, pas seulement celle qui nous permettrait d’atteindre un dernier point.

À la maison, il restera peut-être une feuille dessinée sur un coin de papier. Ou rien du tout. J’aimerais que cela me suffise. Un jardin peut être un lieu où l’on passe un moment, sans devenir la preuve que j’ai offert à mes enfants une journée remarquablement bien organisée.

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Autrice

J’écris sur les sorties familiales à Nantes, les jeux faits maison et la place des parents dans leurs propres journées. Je m’intéresse aux liens de voisinage, aux repas ordinaires et aux réparations après les moments difficiles.

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